Vent Debout /  Bouts aux vents

Un projet destiné aux jeunes

 

 

Le but du projet est de permettre à des jeunes, issus de milieux défavorisés et/ou qui ont été marginalisés, de vivre une expérience hors du commun et humainement riche, par l'intermédiaire de la prise en charge d'un bateau à voile.

 

 

BASES IDÉOLOGIQUES ET PHILOSOPHIQUES:

 

Pourquoi travailler avec les jeunes ?

Pourquoi un voilier ?

Les leçons pratiques de la vie en mer …

À propos de l'intervention...

Pistes de réflexion pour la suite  …

 

 

Pourquoi travailler avec les jeunes ?

 

Dans le contexte actuel, où le discours dominant porte sur les logiques économiques de rentabilité et où les individus sont plus que jamais soumis à l’obligation de la productivité et de la performance, il va sans dire que nous assistons à un phénomène d’exclusion sociale sans précédent. Ainsi, l’isolement des individus considérés comme étant ‘’non productifs’’ et donc ‘’non solvables’’  va de pair avec l’augmentation d’une détresse psychologique sans balise où le taux de suicide et de décrochage scolaire, particulièrement chez les jeunes, atteind des proportions alarmantes.

 

Il nous apparaît socialement urgent de trouver de nouveaux espaces pour rejoindre ces jeunes, des espaces qui ne sont pas coutumiers, où la créativité est valorisée, où l’estime de soi et de l’autre est encouragée.

De nouveaux espaces qui s’inscrivent, non pas dans un service d’aide ponctuelle, mais bien dans une démarche de changement d’attitude où la solidarié prime sur l’individualisme et la compétition.

 

Pour ce faire, il nous apparait également nécessaire d'ouvrir les portes à l’expression d’une certaine marginalité, quand celle-ci est utilisée de façon constructive, ce qui n’est peu ou pas reconnu au sein des institutions officielles.

 

Aussi, considérant que l'adolescence est une période charnière dans la vie d'un individu, il semble primordial d'agir pendant cette période dans un double objectif de prévention et d'éducation.

 

Enfin, les expériences valorisantes et les rencontres heureuses, en plus d'être des éléments essentiels au développement individuel, sont certainement des motivateurs puissants pour revoir son propre parcours et faire des choix éclairés. Aussi, il est primordial de rendre ces expériences / rencontres accessibles aux jeunes, afin de leur donner la possibilité de se réaliser dans un cadre sain et gratifiant et créer entre autre une motivation scolaire.

 

 

Pourquoi un voilier?

 

Dans l’imaginaire collectif, un voilier est symbole de courage et de liberté !

Cette charge symbolique contribue certes à rendre le projet attrayant pour des jeunes en quête d'indépendance. Mais le voilier offre beaucoup plus qu'un simple rêve de liberté, il est également porteur d’un véritable défi de dépassement individuel, et ce en exerçant quotidiennement sa propre capacité d’agir sur les contraintes environnantes.   Ainsi, la navigation à voile représente une expérience complexe et complète en terme d'évolution personnelle et sociale, en ce sens qu’elle permet aux individus non seulement de se confronter à leurs propres limites, mais aussi à la nécessité d’agir pour le bien commun.

Réussir à mener un voilier à bon port représente un défi de taille ! 

La navigation est un domaine où l'apprentissage est continu, chaque journée est un nouveau pari pour la bonne conduite du bateau et de son équipage.

La confiance en soi et la capacité de mener sa vie, malgré le vent debout, s'acquiert à force de détermination et de persévérance.

 

Aller en mer, c'est aller vers l'inconnu en acceptant de vivre autrement !

Un marin doit se conformer à des règles de vie dictées par des éléments naturels qui le dépassent.  Ces règles nous enseignent à quel point la vie, celle où l'être humain dépend profondément de son environnement, n'a rien d'absurde ou de superficiel. Pour des jeunes en mal de vivre, ce constat peut certainement agir comme un facteur déterminant de changement d’attitude. Pour ne pas sombrer, il faut agir !

 

De plus, l'authenticité de cet environnement ne tolère pas longtemps ni les faux-semblants ni le superflu. Elle converge l'attention vers ce que nous sommes réellement, tout en invitant à une certaine simplicité d’être. Pour y parvenir, il faut d'abord avoir le courage d'abandonner ses repères habituels, afin d'en apprivoiser d'autres qui deviennent essentiels en milieu marin. Cela exige une grande ouverture d’esprit et une bonne dose d'humilité.

 

 

Les leçons pratiques de la vie en mer !

 

Dans un premier temps, l'apprenti-marin doit s'adapter aux nouvelles forces physiques qui influencent ses déplacements et ses gestes quotidiens.

L'état de déséquilibre permanent que l'on vit en mer nous oblige à développer une conscience aiguë de l'espace qui nous entoure afin de se repositionner harmonieusement dans cet espace.

 

L’apprenti-marin est ensuite confronté à un nouveau langage qu’il doit rapidement assimiler s'il veut fonctionner au sein de l'équipage; non seulement pour être en mesure d’effectuer les manœuvres, mais aussi pour assurer la sécurité de tous et chacun à bord.

 

À cela s'ajoute de nouvelles règles de vie dans un espace physique et social particulièrement restreint, où l'individualisme n'a pas sa place et où il est fondamental de ramer dans le même sens !

 

Enfin, notre expérience de la navigation à voile, dans différentes conditions et avec des clientèles hétéroclites, nous permet de croire qu’il s’agit là d’un cadre d’intervention exceptionnel que nous souhaitons rendre accessible aux jeunes marginalisés. De ce fait, nous avons la conviction que la vie en mer est riche de leçons pratiques, tant au niveau du savoir-être individuel qu’au niveau du savoir-faire en collectivité.

 

-         Le contexte de vie en mer permet de sortir le jeune de son milieu quotidien et de vivre une immersion dans un environnement nouveau et complètement  inconnu qu’il devra apprivoiser et qu’il ne pourra ignorer, étant soumis aux éléments naturels ;

 

-         Le fonctionnement d'un voilier exige la participation responsable de chaque personne à bord;

 

-         Chaque membre de l’équipage doit agir ensemble de façon coordonnée pour former un équipage efficace;

 

-         La navigation exige une certaine discipline et une excellente capacité d'organisation;

 

-         Le quotidien de la vie à bord et l'environnement marin ne laissent personne indifférent et agît comme un provocateur de changement;

 

-         La nécessité de s'adapter à un nouveau milieu de vie stimule l'effort et la recherche d'un nouvel équilibre extérieur et intérieur;

 

-         Le milieu plutôt restreint oblige à développer des qualités d'interaction sociale basées sur la tolérance, la confiance, l'entraide, l'écoute et la discussion;

 

-         Les difficultés personnelles surmontées ainsi que celles vécues en équipage favorisent grandement l’estime de soi, de même que le sentiment d'appartenance et de solidarité ;

 

-         La pratique de la voile développe plusieurs habiletés, tant manuelles qu'intellectuelles ou sociales, qui sont mises à contibution quotidiennement;

 

-         Les escales représentent un moyen de susciter des rencontres intéressantes ainsi que l'estime de la population locale envers les jeunes, et éventuellement la coopération à différents niveaux entre les uns et les autres.

 

Autant de leçons pratiques et appliquées qui deviendront des acquis précieux dans le futur des jeunes.

La prise en charge d'un voilier symbolisera un véritable défi de dépassement personnel et de fierté pour ces jeunes qui n’ont pas toujours accès à un espace de valorisation adéquat.

 

Finalement, il nous semble difficile d'imaginer un contexte autre, regroupant autant d'atouts, pour une intervention significative et efficace !

Voilà pourquoi le voilier sera notre outil de prédilection.

 

 

À propos de l'intervention...

 

Bien que nous ne soyons pas des spécialistes de l’intervention sociale auprès des jeunes, les quelques expériences maritimes vécues avec des jeunes en difficulté nous ont permis de mettre en place certains principes de base.

 

À ce chapitre, nous comptons sur l’implication d’intervenants professionnels susceptibles d’approfondir la réflexion et de mieux outiller le projet, en regard de leur propre expérience d’intervention auprès des jeunes en difficulté.

En collaboration avec ces professionnels, nous souhaitons trouver des façons efficaces d'appliquer ces principes de base et de valider la démarche.

 

À prime abord, il serait souhaitable que l'intervention s'inscrive dans une expérience commune linéaire, plutôt que dans un transfert pyramidale du haut vers le bas.  Nous croyons que les personnes qui en savent le plus sur les jeunes sont les jeunes  eux-mêmes . De là, l'importance de leur donner la parole et d'écouter ce qu'ils ont à dire !

 

Dans ce sens, il nous semble que les intervenants doivent faire preuve d’une attitude d'ouverture, en favorisant l'inclusion des jeunes au sein des discussions et des prises de décisions, et ce pendant tout le déroulement du projet.

Nous croyons qu'il faut éviter autant que possible toute forme d’exclusion. 

De là, l'importance pour les intervenants ou le personnel de bord de travailler avec les jeunes plutôt que pour les jeunes, en essayant autant que possible d'éviter une hiérarchie intervenants/participants.

 

D'autre part, il serait aussi souhaitable que l'expérience s'inscrive dans un processus de “développement durable” de l'individu !  Ainsi, il nous semble essentiel que cette expérience de vie en mer puisse servir de tremplin.

Pour ce faire, il faudra trouver et mettre en pratique tous les moyens pouvant permettre aux jeunes d'ouvrir des chemins qui les motivent, avant, pendant et après le projet

 

-         Il faudra donc, dans un premier temps, réfléchir sur la meilleure façon de

      préparer les jeunes à cette expérience de vie en mer …

-         Il faudra aussi prévoir les situations difficiles en cours de route et le comment y faire face...

-         Et ce qui n’est pas la moindre de nos préoccupations, il faut trouver une autre façon de mettre pied à terre au retour, pour assurer la continuité … et éviter, si possible, le mal de terre !  À ce chapitre, l’organisation devra être en mesure d’orienter et même de soutenir le participant dans une démarche ou il aura décidé de s’investir.

 

 

Pistes de réflexion pour la suite …

 

Pour diminuer le clivage entre la réalité-bateau et la réalité-terre du jeune, nous avons  pensé à une implication bénévole dans des communautés où nous serions de passage avec le voilier. Il suffirait alors de prendre contact avec ces communautés avant notre départ afin d'organiser une participation à la vie communautaire locale.

 

Nous avons aussi pensé qu'il serait intéressant d'aménager un espace pour que les jeunes puissent partager leur expérience avec les communautés d’accueil lors des escales ou encore avec le milieu dans lequel ils vivront au retour.

À titre d’exemple: il serait possible d'approcher certains hebdomadaires afin de réserver aux jeunes un espace pour une chronique de voyage.

 

Et au retour, pourquoi ne pas tenter de les mettre en contact avec des maisons de jeunes et d’autres organismes du milieu où ils pourraient discuter de leur expérience, par l'intermédiaire d'une activité commune ?

En fait, tous les moyens possibles d'établir des liens ou des échanges servent également un autre principe qui nous semble évident: à travers les expériences que nous vivons, il semble que ce sont surtout les êtres humains qui changent les êtres humains !  Voilà pourquoi il nous semble important de favoriser les rencontres tout au long du voyage.

 

Finalement, pour arriver à assurer une continuité dans la vie du jeune, il faudra sans aucun doute travailler en partenariat étroit avec des organismes du milieu et ce, en fonction des besoins identifiés par le jeune lui-même.

 

 

Questions générales ?

 

Comment s'assurer que les jeunes soient bien préparés ?

En d'autres termes, comment éviter que certains soient tentés d'abandonner en cours de route?

Comment adapter cette préparation à leur contexte de vie, à leur réalité de tous les jours?

 

Que peut-on faire afin de préparer les jeunes au retour? Peut-on effectuer un accompagnement individuel et collectif?

 

 

Questions d'ordre plus technique ?

 

-         Comment faire le recrutement?  Quels seront les critères de sélection ?

-         Comment gérer les aspects légaux? (dossiers judiciaires, obtention de passeport, législations concernant ce genre d'activité...)

-         Comment rejoindre le plus de jeunes possible tout en faisant une intervention efficace? C'est-à-dire, comment établir la durée optimale de l'intervention?

 

 

 

 

 

 


 

EXEMPLE  DE DÉROULEMENT D'UN PROGRAMME

 

Première partie:

Recrutement des jeunes

 

Deuxième partie:

Première rencontre du futur équipage

Activités de prise de contact et de mise en commun des connaissances

Présentation détaillée des mois à venir et de l'ensemble du projet

 

Troisième partie: (deux mois)

Radoub

Embarquement

Apprentissage de la voile en navigation côtière avec escales

Apprentissage des métiers de la mer

Actions du groupe dans les communautés

Tout le long du voyage, rencontres et contacts avec des personnes potentiellements signifiantes de par leur métiers, professions, implications ou créations.

 

Quatrième partie:

Activités de retour à la collectivité,

Inventorier et utiliser les ressources existantes dans les communautés visitées (écoles, usines, organismes privés ou communautaires ou gouvernementales), pour réaliser le projets de vie du jeune qui le désire.

Organiser un système de parainnage (marainnage) dans la communauté du projet de vie.  Supporter l’installation du jeune dans sa nouvelle communauté.